Publié en mai 2011

Mis à jour en octobre 2018

Deuxième pilier – la gestion de l’environnement

La préoccupation environnementale d’un projet entre de plus en plus dans les habitudes des ingénieurs. Les sociétés occidentales, notamment la société québécoise, font maintenant preuve d’une sensibilité beaucoup plus grande relativement aux effets néfastes que peuvent avoir le rejet de contaminants dans l’environnement ou le gaspillage de l’énergie, pour ne citer que ces quelques exemples.

Les normes gouvernementales de protection de l’environnement se sont resserrées au fil des ans, ce qui a forcé les ingénieurs à modifier leur pratique. Plusieurs règlements fédéraux, provinciaux et municipaux déterminent les quantités de polluants qu’il est acceptable ou permis d’émettre dans l’environnement ainsi que le processus pour obtenir une autorisation de le faire.

 

 

Bien qu’elle soit simple en principe, cette obligation peut s’avérer plutôt complexe dans certains cas, notamment si les vérifications préalables ne sont pas faites adéquatement ou si le projet n’est pas correctement évalué. De plus, chaque situation devrait être analysée afin de déterminer si une simple application des normes environnementales est suffisante pour assurer la protection de l’environnement et la santé des personnes.

La gestion de l’environnement couvre l’ensemble d’un projet, de la phase de conception jusqu’à sa mise hors service, en passant par sa construction et son exploitation. Chacune de ces phases est soumise à différentes réglementations environnementales, lesquelles peuvent se recouper d’une phase à l’autre.

L’évaluation du projet

Tout d’abord, il est essentiel de faire une évaluation exhaustive des divers aspects d’un projet pour déterminer lesquels sont susceptibles d’avoir un impact sur l’environnement et le bien-être des personnes. Cette étape permettra de cibler plus efficacement la recherche de l’information relativement aux lois et aux règlements applicables.

La vérification des lois et des règles

Par la suite, il est important de faire une vérification diligente des lois, règlements et normes s’appliquant à cette activité. La section Droit de l’environnement décrit plus amplement les obligations légales auxquelles doit satisfaire l’ingénieur dans l’exercice de sa profession. Cette étape ne doit toutefois pas être ignorée, escamotée ou prise à la légère, et de nombreuses ressources en facilitent la réalisation2.

Cet exercice devrait être fait préalablement à la planification de tout projet et conservé dans les dossiers de l’entreprise puisqu’il sera très utile comme référence au cours des phases ultérieures du projet.

Il est de plus important de tenir compte de l’évolution prochaine de la réglementation afin, par exemple, de faire le meilleur choix possible d’équipements pour son client. Il est fâcheux, en effet, de devoir remplacer un nouvel équipement ne répondant plus aux normes quelques mois seulement après son installation.

 

La vérification des moyens de construction et de mise en place

Au moment de la construction ou de la mise en place d’un équipement ou d’un ouvrage, certaines normes environnementales doivent être respectées, et il est souvent requis de mettre en place des moyens techniques pour y parvenir. Il est tout aussi important de s’assurer que ces mesures sont efficaces tout au long des travaux de construction.

Par exemple, au cours de la construction d’une route ou d’une autoroute, des barrières prévenant l’entraînement de solides dans les cours d’eaux avoisinants (membranes, balles de foin, etc.) sont souvent requises. Il est donc nécessaire de s’assurer à intervalles réguliers que ces barrières sont en bon état et qu’elles remplissent toujours leur rôle adéquatement.

La vérification des moyens d’utilisation

Après avoir vérifié les exigences environnementales et déterminé les mesures ou les équipements nécessaires pour y répondre, il est important d’évaluer les moyens qui devront être mis en place au cours de l’utilisation normale de l’équipement ou du procédé et de s’assurer que ces derniers fonctionnent de manière conforme à long terme.

Une fois encore, il est nécessaire de faire preuve de diligence dans l’utilisation des équipements et de mettre en place un plan raisonnable de vérification de la performance ou de bon fonctionnement de ces équipements.

Il peut également être requis de mettre en place un système de suivi de l’environnement afin de veiller à ce que les activités réalisées ne causent pas une dégradation de l’environnement, même si les normes légales sont respectées. Par exemple, l’installation de puits témoins dans la périphérie de réservoirs de stockage souterrains peut s’avérer une bonne pratique dans des environnements sensibles.

La vérification des lieux au moment de la mise hors service

Au moment de la mise hors service d’un équipement ou d’un ouvrage, il est nécessaire de faire une vérification diligente des lieux afin de les remettre dans un état qui sera compatible avec les usages futurs du site.

Par contre, il est préférable de prévoir dès la phase de conception d’un projet, lorsque c’est possible, le plan de restauration des lieux afin de le réinsérer dans son milieu. En effet, certains choix peuvent être faits dès cette étape, ce qui facilitera grandement la fermeture d’un site ou l’élimination d’un équipement en fin de vie utile.

À titre d’exemple, l’inventeur des biphényles polychlorés (BPC) n’avait certainement pas prévu les moyens extensifs qui seraient nécessaires pour se débarrasser de manière sécuritaire (soit par incinération) de ces huiles isolantes en fin de vie utile. Au contraire, les deux propulseurs donnant la poussée principale aux navettes spatiales américaines au décollage ont été pensés par les ingénieurs de la NASA pour retomber sur terre et être réutilisés pour de futurs décollages.

L’amélioration continue

Dernier aspect important de la gestion environnementale : l’amélioration continue ou encore « aller au-delà des normes ».

Les normes environnementales évoluent dans le temps. Les attentes de la société évoluent rapidement, et les normes telles qu’elles étaient jadis peuvent ne plus être adéquates de nos jours pour assurer une protection efficace de l’environnement.

Il est donc important pour l’ingénieur d’améliorer graduellement la performance environnementale dans toutes les sphères de son travail afin de répondre aux attentes de la société. Très souvent, les entreprises qui sont en avant des réglementations sont citées en exemple.