Publié en octobre 2015

Mis à jour en octobre 2018

Exécution du projet

Dans cette partie, vous verrez :

Peu après l’octroi du contrat et avant le début des travaux, le maître d'ouvrage ou l’administrateur de contrat convoque une réunion de démarrage à laquelle participent, entre autres, l’entrepreneur et l’ingénieur surveillant. Lors de cette rencontre, l’ingénieur surveillant communique son plan de surveillance à l’entrepreneur.

Le début de la phase de réalisation des travaux est le moment le plus crucial de la surveillance des travaux. C’est à cette étape que s’établissent les relations entre l’entrepreneur et l’ingénieur surveillant et son personnel. L’ingénieur surveillant doit démontrer clairement à l’entrepreneur que son personnel a son entier appui et sa confiance.

L’ingénieur surveillant aura, au cours de la réalisation des travaux, à prendre de nombreuses décisions sur des situations plus ou moins controversées. Il doit donc concevoir des outils qui lui permettront de prendre celles-ci rapidement et judicieusement.

Gestion de la qualité

La surveillance de la qualité des travaux est réalisée en appliquant le plan de gestion de la qualité inclus dans le plan de surveillance. Les principales étapes sont illustrées à la figure 5, Exécution de projet – Gestion de la qualité.

Figure 5 - Exécution de projet – Gestion de la qualité

Application du plan de gestion de la qualité

L’ingénieur surveillant des travaux a la responsabilité de veiller à ce que toutes les activités du plan de gestion de la qualité soient réalisées. Il doit coordonner avec les autres intervenants la planification de ces activités qui, selon les exigences contractuelles, pourraient être réalisées par l’ingénieur surveillant, par un laboratoire (ex. : test de béton), par une firme spécialisée (ex. : analyse de soudures), par d’autres professionnels (ex. : arpentage) ou par l’entrepreneur (ex. : attestation de conformité de matériel, test ou essai d’équipements, etc.).

Inspections, essais et examens de conformité

La surveillance des travaux doit être réalisée selon les modalités et la fréquence indiquées au plan d'inspection et d'essai (PIE). Les inspections, les essais et les examens doivent être réalisés selon les procédures indiquées et les résultats doivent être mesurables et conformes aux critères d’acceptation, aux spécifications, aux normes et aux codes applicables.

Documentation des résultats

L’ingénieur surveillant des travaux doit consigner les résultats des inspections, des essais et des examens dans un rapport. Le rapport doit préciser ce qui a été inspecté, les résultats obtenus ainsi que les méthodes et les appareils de mesure utilisés. Le rapport doit indiquer ce qui n’a pu être inspecté. Il doit décrire les non-conformités, les déficiences, les travaux non complétés ainsi que l’avancement général des travaux.

Traitement des non-conformités

Si des écarts par rapport aux exigences sont trouvés, l’ingénieur surveillant produit, selon les procédures propres au projet, un avis de non-conformité destiné à l’entrepreneur ou au fournisseur de biens et services. Ces derniers préparent et transmettent à l’ingénieur surveillant, pour approbation, le traitement qu’ils effectueront afin que l’ouvrage respecte les exigences techniques contractuelles. L’ingénieur surveillant doit alors s’assurer que les répercussions des écarts constatés sur les activités passées ont été analysées et prises en considération dans le traitement, le cas échéant.

Lorsque des écarts sont importants ou répétitifs, l’ingénieur surveillant doit envoyer un avis à l’entrepreneur ou au fournisseur de biens et services, où il analyse les causes de ces écarts, puis indiquer les actions correctives ou préventives que ceux-ci entendent mettre de l’avant pour éviter la répétition de ces écarts.

Dans l’avis qu’il envoie, l’ingénieur surveillant doit décrire la non-conformité, mais il ne doit pas indiquer à l’entrepreneur ou au fournisseur de biens et services la manière de régler les problèmes rencontrés. L’entrepreneur peut alors rendre conforme le matériel ou l’équipement :

Si le matériel, l’équipement ou le travail réalisé n’est pas conforme aux plans et devis et que l’entrepreneur propose une substitution, ce dernier doit faire une demande d’équivalence dans laquelle il indique l’impact sur l’échéancier, les coûts et l’écart de qualité (ou fonctionnalité) entre ce qui est demandé et ce qui est proposé. Habituellement, cette demande se fait selon les procédures de gestion des changements du projet. Dans ce cas, l’ingénieur surveillant évalue l’aspect technique du changement proposé.

Gestion du contrat

Bien que la gestion de contrat ne soit pas une activité de surveillance des travaux, l’ingénieur surveillant travaille en étroite collaboration avec l’administrateur de contrat en lui fournissant les informations importantes pour la bonne administration des contrats, par exemple, pour les paiements progressifs et finaux. Dans certains cas, c’est l’ingénieur surveillant qui a le mandat d’administration du contrat.

La figure 6 illustre les principales étapes de l’implication de l’ingénieur surveillant dans la gestion de contrat.

 

Figure 6 - Exécution de projet – Demande de paiement

Normalement, des paiements d’acompte sur le montant du contrat sont faits chaque mois, à mesure de l’avancement des travaux. L’ingénieur surveillant doit fournir à l’administrateur du contrat la mesure du progrès des travaux de façon à ce que les paiements faits à l’entrepreneur représentent fidèlement l’avancement des travaux. Pour accomplir cette tâche, l’ingénieur doit vérifier les quantités demandées (matériel et main-d’œuvre) – dans les projets à prix unitaires, les formules de mesurage des quantités devraient faire partie des documents contractuels.

Selon les projets, l’ingénieur surveillant peut être appelé à participer aux tâches d’administration de contrat, entre autres :

La production du certificat de paiement est un acte contractuel. Dans certains cas, le défaut de produire un certificat conformément aux documents contractuels peut entraîner la résiliation du contrat par l’entrepreneur. Par exemple, dans le contrat à forfait du Comité canadien des documents de construction CCDC-2008, il est expressément indiqué, à l’article 7.2.3 :

L’entrepreneur peut donner un avis écrit au maître de l’ouvrage, avec copie au professionnel, selon lequel le maître de l’ouvrage manque à ses obligations contractuelles, lorsque l’un quelconque des événements suivants se produit :

    1. le maître de l’ouvrage néglige, alors que l’entrepreneur le lui demande, de fournir des preuves démontrant raisonnablement qu’il a pris les dispositions financières qui lui permettront de remplir ses obligations contractuelles;

    2. le professionnel néglige de délivrer un certificat conformément à l’article CG 5.3 – PAIEMENT D’ACOMPTES;

    3. le maître de l’ouvrage néglige de payer à l’entrepreneur […].

Gestion des changements

Des modifications à l’ouvrage peuvent être apportées en cours de projet. Celles-ci sont des ajouts, des retraits ou des annulations d’activités prévues au contrat original qui viennent modifier la portée des travaux. Ces changements se font sous forme d’avenant1, c’est-à-dire un changement apporté, après négociation, aux modalités d’exécution d’un contrat.

La figure 7 donne les principales étapes de la gestion des changements.

 

Figure 7 - Exécution de projet – Gestion des changements

 

Plusieurs termes peuvent être employés pour apporter des modifications à un contrat. Par exemple :

Toutes ces expressions peuvent être synonymes.

Les raisons qui conduisent à une modification sont habituellement les suivantes :

Lorsqu’une demande de modification provenant du site est envisagée, l’ingénieur surveillant doit veiller à analyser l’aspect technique qui s’y rattache et identifier les différentes solutions possibles ainsi que les impacts sur le projet. Selon la nature et la complexité de la modification, l’ingénieur concepteur devra être impliqué dans la recherche de solutions. Celles-ci doivent être communiquées au maître d’ouvrage, qui autorisera ou non la modification et indiquera quelle solution doit être implantée.

Lorsque la modification est approuvée par le maître d’ouvrage, l’ingénieur (généralement l’ingénieur concepteur) modifie les plans et devis et prend la responsabilité de cette modification.

Dans tous les cas, l’ingénieur surveillant ne doit pas :

sans qu’un avenant soit produit, puis approuvé par le maître d’ouvrage.

Il existe plusieurs approches pour facturer une modification, notamment celles-ci :

  1. L'entrepreneur et le maître d’ouvrage s’entendent sur un prix forfaitaire, soit global, soit unitaire, si les quantités ne peuvent être déterminées au moment de la production de l’avenant.

  2. La modification est réalisée en régie, c’est-à-dire que l’entrepreneur sera payé selon le prix réel des travaux, majoré d’un montant pour frais généraux et profits.

  3. Un prix est imposé à l’entrepreneur – celui-ci ne peut refuser de réaliser les travaux, mais il conserve le droit de présenter une réclamation.

Il est important, dans ce cas, que l’ingénieur accentue la surveillance afin de vérifier la nature et l’ampleur des travaux réalisés. Celui-ci doit porter une attention particulière :

L’ingénieur surveillant doit consigner toute la documentation concernant les changements afin de la rendre disponible en tout temps, notamment lors de la négociation de prix.