Publié en mai 2011

Le cycle de vie

La notion de cycle de vie vise à évaluer non seulement les coûts d’un procédé ou de la fabrication d’un produit, mais également les répercussions que sa fabrication, son utilisation et son élimination peuvent entraîner sur l’environnement et la société.

Connaissant les répercussions globales d’un produit ou d’un procédé, il est possible de faire les choix qui s’imposent, dès la phase de conception, afin de les réduire. Plusieurs pistes sont alors possibles :

Réduction des matières premières

Pour fabriquer un produit ou construire un ouvrage, il est possible de réduire la quantité de matières premières requises de nombreuses façons. L’ingénieur a même contribué à cela depuis longtemps dans le cadre de son travail puisqu’en réduisant le gaspillage, il permet souvent de réduire le coût de fabrication du produit.

Par exemple, l’utilisation de machines-outils de pointe permet d’optimiser la fabrication de pièces métalliques. Les tours de craquage des raffineries de pétrole permettent de fabriquer en priorité les produits pétroliers à forte valeur ajoutée, lesquels sont très recherchés, le tout avec une quantité inférieure de brut.

Remplacement des matières premières non renouvelables

Il est également possible de réduire la quantité de matières premières en les remplaçant par des matières recyclées ou par des matières renouvelables.

Quelques exemples éloquents de cette pratique sont la fabrication du papier à partir de fibres recyclées, plutôt qu’avec des fibres vierges, la réutilisation du vieux béton comme granulat dans la base des routes et la fabrication d’objets à partir de dérivés d’amidon de maïs plutôt que de produits pétroliers. Des ingénieurs ont assurément participé à la mise au point de ces améliorations environnementales.

Réduction de la quantité d’énergie requise

Bien qu’au Québec l’énergie électrique soit principalement de source renouvelable et qu’elle soit abordable, il est important de chercher à réduire la quantité d’énergie requise non seulement pour fabriquer un bien, mais également pour l’utiliser.

Par exemple, on estime que plus de 80 % de l’énergie consommée au cours de la vie d’un bâtiment provient de son utilisation, et non de sa construction ou de l’énergie requise pour fabriquer les matériaux5 qui le composent.

Les industries énergivores que sont les alumineries et les cimenteries, pour ne citer qu’elles, ont déployé des efforts considérables afin de moderniser leurs processus de fabrication. Elles ont ainsi effectué au cours des années des bonds technologiques impressionnants, mais recherchant également quotidiennement à améliorer leur efficacité énergétique.

L’amélioration de l’efficacité énergétique est également très importante lorsque vient le moment de réduire les gaspillages d’énergie qui se produisent tout au cours de l’utilisation courante de nombreux biens.

 

 

Réduction des déchets produits

Le cycle de vie d’un produit ou d’un ouvrage est terminé au moment de sa mise au rebut ou de son démantèlement. Il est également possible, dès l’étape de la conception, de planifier les moyens de mise au rebut ou de démantèlement afin d’optimiser le principe des 3RV-E qui sont, par ordre de priorité :

L’analyse du cycle de vie d’un produit permet souvent de réaliser les 3R (nous en avons déjà traité plus haut dans cette section), mais il est également possible, au moment de la conception, de favoriser le recyclage plutôt que la valorisation énergétique. Par exemple, en utilisant des plastiques facilement recyclables dans la fabrication d’une voiture et en indiquant clairement les différentes pièces selon les types de plastiques qui les composent.

Il est également essentiel de chercher à mettre les sites de production dans un état qui sera le plus près de l’état d’origine des lieux, qu’il s’agisse d’une usine de transformation, d’un site d’extraction de ressources naturelles ou d’un site d’élimination de matières résiduelles.

Enfin, il est souvent possible et souhaitable que les lieux offrent une plus-value par rapport à la situation d’origine, que ce soit par l’amélioration des habitats afin d’offrir une plus grande biodiversité ou encore en permettant à la communauté d’utiliser activement et sécuritairement le site et les aménagements qui y auront été faits.