Publié en mai 2011

Mis à jour en décembre 2014

Le risque n'est pas un danger

Le risque naît de l’existence des dangers (ou aléas). Il est l’évaluation de la probabilité que des individus, des populations, des biens ou l’environnement soient affectés par les conséquences de la matérialisation d’un danger plus ou moins reconnu.

La machine, qui sectionne les deux doigts de l’ouvrier, est dangereuse du fait de sa capacité à remplir la fonction essentielle pour laquelle elle a été créée, c’est-à-dire couper, par exemple, une pièce de bois. À l’arrêt, elle ne présente aucun danger. La capacité dangereuse de la machine sera maîtrisée par un système de protection associé aux compétences de l’ouvrier et par l’intégration des composantes de sécurité sur la machine.

Le danger est la source de préjudice potentiel ou la situation comportant un préjudice potentiel que l’on redoute comme : l’énergie électrique qui cause un choc électrique si l’on met les doigts dans une prise électrique ou s’écraser sur un rocher lorsque l’on fait du saut en bungee.

À chaque événement dangereux correspond un risque auquel les spécialistes associent deux caractéristiques : l’occurrence de concrétisation de l’accident (probabilité) et la gravité des dommages engendrés (conséquences).

Pour mener des évaluations comparatives des différents risques, les experts ont développé une méthode selon laquelle le risque se définit comme le produit de la probabilité d’occurrence de la matérialisation du danger par la gravité des conséquences (c.-à-d. ce qui adviendra si le phénomène se produit) qui en résultent. Celles-ci peuvent être mesurées en niveau de gravité, par exemple, en nombre de personnes affectées (de malades ou de morts), en durée d’interruption de l’exploitation d’une installation ou transformées en coût financier par ceux qui devront en assurer la responsabilité éventuelle (État, compagnie d’assurances…). Une telle approche permet, par exemple, de comparer le risque nucléaire civil, qui peut causer des dommages importants, mais avec une probabilité très faible d’advenir, à celui des allergies fatales aux piqûres d’insectes, qui n’affectent qu’une personne à la fois, mais qui a une plus forte probabilité d’occurrence.

Cette notion doit cependant être utilisée avec prudence, car l’appréciation que les personnes font du risque n’est pas linéaire en fonction de chacune des 2 variables! Un événement dangereux ayant une probabilité de 10 et des conséquences de 1 n’a pas, aux yeux de la société, le même niveau qu’un événement ayant une probabilité de 1 et des conséquences de 10.