Publié en août 2026

MÉTHODOLOGIE DU CRAIM (CONSEIL POUR LA RÉDUCTION DES ACCIDENTS INDUSTRIELS MAJEURS) / RMP

À la suite de l’accident de Bhopal, en 1984, le Canada a privilégié une approche volontaire de gestion des risques, appuyée par l’industrie chimique et le Conseil canadien des accidents industriels majeurs (CCAIM). Au Québec, le CRAIM poursuit ces travaux.

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Le CRAIM vise à promouvoir une culture de gestion concertée des risques technologiques majeurs impliquant des matières dangereuses. Il agit comme lieu d’échange entre experts (municipalités, industrie, citoyens, gouvernements), développe des outils et conseille les autorités. En 2002, il élabore une méthodologie de gestion des risques inspirée du Risk Management Program (RMP) de l’EPA (Environmental Protection Agency) des États-Unis, visant à prévenir les accidents, à préparer les interventions d’urgence et à améliorer la communication des risques.

Contrairement à l'APR, à l'HAZOP ou à l'AMDEC, l'approche du CRAIM constitue une méthodologie globale de gestion des risques technologiques majeurs qui peut intégrer différentes méthodes d'identification des dangers et d'analyse des risques.

L’approche du CRAIM repose sur une collaboration entre établissements, municipalités et citoyens pour :

  • protéger la population et l’environnement
  • assurer une réponse coordonnée en cas d’accident
  • renforcer la prévention et la préparation
     

Objectifs

La gestion des risques dans une approche du CRAIM repose sur trois volets :

  • la prévention
  • la préparation et la mise en place de mesures d’urgence
  • la communication avec les citoyens

Le modèle des comités mixtes municipal-industries (CMMI) est privilégié pour soutenir cette approche collaborative. Les établissements mettent en place des mesures de prévention et des plans d’urgence, tandis que les organismes publics, principalement les municipalités, s’assurent que ces plans sont effectifs et permettent une intervention efficace en cas d’accident.

Objectif général

Prévenir les accidents technologiques majeurs, en limiter les conséquences sur la population et l’environnement, et renforcer la capacité de réponse des établissements.

Objectifs spécifiques

  • S’assurer que les dangers et les zones sensibles sont identifiés
  • Mettre en place une méthode normalisée pour :
    • recenser les établissements concernés
    • documenter les renseignements sur les matières dangereuses
    • évaluer les zones d’impact en cas d’accident
  • Exiger des établissements à risque significatif et dont les impacts dépassent les limites de leur site :
    • une analyse des risques avec scénarios plausibles
    • un programme de contrôle ou d’atténuation des risques (programme de sécurité opérationnelle)
    • un plan d’urgence conforme tenant compte des risques résiduels, présenté et validé par le CMMI
    • un recensement des mesures d’urgence mises en place par les établissements et les municipalités
  • Harmoniser les plans d’urgence
  • Soutenir la communication des risques auprès des populations concernées

Applications de la méthodologie CRAIM

La méthodologie du CRAIM est utilisée lorsqu’un établissement détient des substances dangereuses et que l’on souhaite évaluer les conséquences possibles d’un accident afin de mieux gérer les risques pour la population, l’environnement et les biens situés à l’extérieur du site.

Cette méthodologie est mentionnée dans les Directives techniques pour le Règlement sur les urgences environnementales en vertu de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement. Elle contribue également aux objectifs de la Loi sur la sécurité civile du Québec.

Processus et ressources requises

Le processus de la méthodologie du CRAIM comporte quatre étapes, comme l'illustre le schéma ci-dessous.

  1. Identification des activités à risque consistant à :
    1. Dresser la liste des substances dangereuses
    2. Identifier les établissements ciblés (ceux ayant un inventaire de matières dangereuses dont les quantités dépassent les limites spécifiées par Règlement)
    3. Déterminer et analyser les conséquences des scénarios normalisés d’accident (c’est-à-dire les scénarios les plus pénalisants ou « worst case»)
  2. Analyse des conséquences des scénarios alternatifs d’accident 

Tous les établissements qui présentent des conséquences hors site suite à l'analyse des scénarios normalisés d'accidents ou qui ont rapporté un accident dans leur revue historique de 5 ans procèdent à une analyse des conséquences des scénarios alternatifs d'accident, c’est-à-dire les autres scénarios possibles impliquant une substance dangereuse, identifiés par une analyse de type HAZOP, « Et si? » ou équivalent

  1. Activités de maîtrise des risques
  2. Activités de planification d’intervention d’urgence

L’application de la méthodologie du CRAIM nécessite de connaître les substances dangereuses présentes dans un établissement, d’obtenir la description des procédés, les schémas de procédé à jour et complet, les procédures d’exploitation et de plan d’urgence, le registre des accidents à ces installations et ailleurs dans ce type d’installation ainsi que les ressources humaines disponibles.

Une analyse CRAIM est faite par une équipe de personnes familières avec le procédé et un analyste familier avec les techniques d’analyse de risque et de modélisation. Le temps nécessaire pour réaliser l’étude est proportionnel à la complexité de l’équipement.

TYPE DE SYSTÈME PRÉPARATION (analyse) CONSTRUCTION DU MODÈLE ÉVALUATION  RAPPORT (analyse)
Système simple 1 à 2 jours 1 à 3 jours 1 à 2 jours 3 à 5 jours
Système complexe 4 à 6 jours 1 à 2 semaines 1 à 2 semaines 3 à 5 semaines

Estimation du temps requis pour effectuer une analyse selon la méthodologie du CRAIM

Avantages et inconvénients

AVANTAGES INCONVÉNIENTS
  • Représentation détaillée de l’entité :
    • scénarios normalisés d’accident
    • scénarios alternatifs d’accident
    • conséquences des scénarios normalisés et alternatifs d’accident
    • mesures d’atténuation passives et actives et simulation de leurs effets
    • risques résiduels
       
  • Nécessite d’importantes ressources dont un analyste familier avec la méthode
  • Importance accordée au scénario normalisé

Résultat d’une analyse du CRAIM

L’analyse permet d’identifier les zones qui pourraient être touchées par un accident technologique. Ces résultats peuvent servir à faire une étude de vulnérabilité et à mieux informer la population sur les risques.
Le rapport d’analyse inclut :

  • La liste des substances dangereuses qui dépassent les seuils réglementaires, ainsi que l’inventaire de ces substances et du plus grand contenant de chaque substance
  • Les scénarios normalisés et alternatifs et leurs conséquences
  • Les mesures d’atténuation (passives et actives)
  • Les programmes de prévention et le plan d’urgence recommandés

Exemple d’une analyse du CRAIM

Contexte : Analyse d’une installation comportant un poste de réception de dioxyde de soufre par wagon-citerne. Les résultats de la modélisation des scénarios normalisés et alternatifs sont présentés sur une carte où sont identifiées les zones potentiellement touchées. L’ajout de moteurs amovibles sur la robinetterie du wagon-citerne entraîne une diminution des zones potentiellement touchées par le scénario alternatif par rapport au scénario normalisé.

Ressources

LIENS ET RÉFÉRENCES DE L'ORDRE

AUTRES LIENS ET RÉFÉRENCES 

 

 

 



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