Publié en mai 2011
Dernière modification en juin 2026
Fixer les objectifs et la portée de l'étude (étape 1)Généralement, les objectifs spécifiques ciblés par l’analyse de risques varient en fonction de la phase du cycle de vie des équipements, des systèmes ou des installations à l'étude. Quelques exemples sont énumérés ci-dessous.
Définir clairement la portée de l’étude des risques permet de guider le travail d’analyse et réduit ainsi les possibilités que les résultats soient facilement remis en question. Pour ce faire, il est souhaitable de définir et de formuler le domaine d’application de l’analyse de risques afin de produire un plan d’analyse de risques dès le début du projet. Définition du domaine d'applicationIl est souhaitable d’inclure les éléments suivants dans la définition du domaine d’application des risques :
La définition du domaine d’application de l’analyse devrait idéalement comporter une familiarisation technique approfondie avec le système analysé, en tant qu’activité planifiée. Par exemple, en organisant une visite des installations. La définition précise du système faisant l’objet de l’analyse est primordiale. Il s’agit d’identifier, sans ambiguïté, les limites de l’étude (la portée). Par exemple, définir si l’analyse de risques est menée à l’échelle du site, d’une installation ou de certains équipements. Cette définition permet notamment de limiter la description du système aux informations essentielles au champ de l’étude. À cette étape, l’objet de l’analyse peut être subdivisé en sous-systèmes logiques pour en faciliter l’analyse. Choisir la méthode d'analyse (étape 2)Il existe plusieurs méthodes dont le choix sera fonction des objectifs et de la portée fixés pour l’étude à l’étape précédente. De manière générale, une méthode appropriée possède les caractéristiques suivantes :
Il est aussi souhaitable de justifier le choix de la méthode en tenant compte de sa pertinence et de sa convenance. En cas de doute quant à la pertinence et la convenance d’une méthode, il est recommandé d’en utiliser une autre et de comparer les résultats obtenus. Lorsqu’il s’agit d’intégrer les résultats de diverses études, il est essentiel que les méthodologies et les données obtenues soient compatibles. Il existe un grand nombre d’outils dédiés à l’identification des dangers et l’analyse des risques associés à un procédé ou une installation. Voici quelques-uns des outils les plus fréquemment utilisés dans l’analyse de risques. Ces outils, leurs domaines d’application ainsi que les critères détaillés pour choisir adéquatement la bonne méthode sont spécifiés dans la section Méthodes d'identification des dangers et d'analyse des risques.
Constituer l'équipe d'analyse (étape 3)Les membres de l’équipe d’analyse doivent disposer des compétences nécessaires pour entreprendre la tâche qui leur est confiée, car la qualité de l’analyse de risques dépend fortement des compétences du groupe qui la réalise. De nombreux systèmes sont trop complexes pour être analysés par une seule personne et nécessitent de constituer un groupe d’analystes pour effectuer le travail d’analyse. Il est primordial que l’individu ou le groupe de travail soit familier avec la ou les méthodes d’analyse de risques retenues et dispose des connaissances approfondies du système ou de l’ouvrage analysé. Le cas échéant, il est nécessaire de recourir à une expertise supplémentaire. Le niveau de compétence du groupe de travail doit être clairement défini et documenté (ex. : qui fait partie du groupe, quelles sont ses expertises et ses limites). La plupart des outils d’analyse de risques sont destinés à être mis en œuvre dans le cadre de groupes de travail. Leur utilisation par une personne seule est possible, mais risque néanmoins d’en diminuer la qualité étant donné que l’intérêt de ces outils réside en partie dans la confrontation d’avis et de remarques de personnes, de sensibilités et d’expertises différentes. Cette richesse de points de vue permet un examen aussi exhaustif que possible des situations dangereuses. Les outils d’analyse de risques n’ayant d’autre but que celui de guider la réflexion menée au sein d’un groupe de travail, la véritable richesse d’une analyse de risques réside bel et bien dans les personnes réunies au sein de ce groupe. Au sein de l’équipe, il convient de distinguer les personnes assurant un rôle d’encadrement et d’orientation (responsable d’étude, secrétaire…) des autres membres du groupe de travail. Contribution techniqueL’équipe doit être pluridisciplinaire. Pour cela, elle doit être composée de spécialistes ayant la connaissance et l’expérience des systèmes à analyser. Chacun d’eux, malgré des objectifs et des contraintes propres à son domaine d’expertise, doit avoir le souci commun de réaliser et d’exploiter un système ou un ouvrage sûr.
La composition du groupe de travail est souvent fonction de l’installation étudiée. À ce titre, certains projets nécessitent de faire appel à des gens ayant des expertises particulières. Néanmoins, il faut garder à l’esprit qu’une équipe ne doit pas comporter plus de six ou sept personnes pour être efficace. EncadrementLes sessions de travail au cours desquelles le système ou l’ouvrage est examiné sont animées par le ou la responsable d’étude qui s’assure de la conformité et de la rigueur avec laquelle la méthode est appliquée. Idéalement, cette personne est accompagnée d’une personne chargée du rôle de scribe pour assurer la prise de notes. Durant les sessions d’analyse, le ou la responsable d’étude joue un rôle clé. Il ou elle :
La rédaction du compte rendu de la séance et du résumé du travail réalisé par le groupe est effectuée par le ou la responsable d’étude et le scribe. Préférablement, pour maintenir une indépendance quant aux résultats obtenus, le ou la responsable d’étude n’est pas directement impliqué.e dans le projet ou le système à l’étude. Cependant, en pratique, les rôles de responsable d’étude et de scribe ne se limitent pas à l’animation du groupe de travail. Grâce à leurs connaissances approfondies des situations accidentelles (causes, conséquences…) et des moyens d’y faire face, ces personnes sont souvent à même de participer efficacement à la réflexion. Ainsi, elles peuvent apporter des éléments complémentaires au groupe de travail dont les membres connaissent bien le système étudié, mais ne sont pas nécessairement familiers avec l’analyse de situations accidentelles. Recueillir et préparer l'information requise (étape 4)Il faut prévoir un délai assez important pour cette étape, car toutes les organisations n’ont pas une culture documentaire bien établie et même lorsque des documents existent, souvent ils n’ont pas été mis à jour au fil du temps. Il s’agit ici de répertorier, recueillir et, au besoin, mettre à jour l’information nécessaire pour être en mesure de réaliser une analyse des risques rigoureuse et complète. Il peut être pertinent d’effectuer une visite détaillée des lieux lorsque l’objet de l’analyse est un ouvrage ou une installation physique. Les documents à récolter peuvent notamment porter sur :
Établir les critères d'analyse (étape 5)Pour hiérarchiser les risques et évaluer l’acceptabilité des risques analysés, on recourt à des échelles de cotation et une matrice de décision. Le risque étant défini comme une combinaison de la probabilité et des conséquences d’un événement, deux échelles de cotation doivent donc être définies :
Ces échelles doivent s’adapter à la réalité de chaque organisation ou au système analysé. Différentes catégories de conséquences peuvent être incluses dans l’analyse selon l’objectif et la portée de celle-ci. À titre d’exemple, une échelle de cotation des conséquences et une échelle de cotation de la probabilité sont présentées ci-dessous.
Exemple d'échelle de cotation des conséquences
Exemple d'échelle de cotation de probabilité Par la suite, une matrice de décision est établie, résultant de la combinaison des deux types d’échelles de cotation (probabilité et conséquences). La matrice de décision vise à définir, avant le début de l’analyse, les zones d’acceptabilité des risques. Le détail de l’utilisation de cette matrice est présenté aux pages Analyser les risques (étape 7) et Évaluer l'acceptabilité des risques (étape 8) Les matrices de risques sont des outils largement utilisés dans le cadre des analyses de risques. D'autres outils existent et peuvent être utilisés. Certains de ces outils sont décrits dans la section Méthodes d'identification des dangers et d'analyse des risques. Ressources
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