Publié en mai 2011 

Dernière modification en juin 2026

TRAITER LES RISQUES

À la suite de l’évaluation des risques, quatre stratégies peuvent être envisagées :

  • Éliminer le risque : lorsque le risque est jugé inacceptable, il peut être nécessaire de mettre fin à l’activité en cause ou de revoir les orientations du projet. Parfois, le risque peut être éliminé par une analyse plus approfondie (ex. : procéder à une étude de sols pour déterminer si le risque de contamination est réel)
  • Transférer le risque : cette stratégie est souvent utilisée pour des événements peu probables, mais aux conséquences élevées. Par exemple, en déplaçant le risque vers des fournisseurs ou des sous-traitants pour s’assurer de minimiser les conséquences financières d’un événement.
  • Accepter le risque : le risque est jugé acceptable et ne requiert pas de mesures de traitement additionnelles.
  • Traiter le risque  : des mesures supplémentaires doivent être mises en place pour atténuer le risque à un niveau tolérable. 

C’est de cette dernière stratégie qu’il est question dans cette section.

Le traitement des risques est un processus itératif qui vise à identifier et évaluer des mesures de traitement, à estimer le risque résiduel résultant de leur mise en œuvre et, au besoin, à déterminer des mesures complémentaires.

Le traitement des risques implique l’élaboration d’un plan d’action précisant les mesures de traitement retenues pour chaque risque à atténuer ainsi que le rôle et les responsabilités des personnes impliquées. L’élaboration de ce plan peut être confiée à des ressources autres que celles ayant participé à l’analyse et l’évaluation des risques.

Réduire les risques (étape 9)

L’objectif du traitement des risques, aussi appelé maîtrise des risques ou réduction des risques, est de réduire le niveau des risques identifiés en agissant sur leur probabilité d’occurrence, sur la gravité de leurs conséquences ou sur les deux à la fois.

Le traitement des risques repose sur les résultats obtenus lors de l’analyse et de l’évaluation des risques et consiste à déterminer les mesures à mettre en œuvre pour éviter que des événements indésirables surviennent ou pour en limiter les conséquences à un niveau acceptable pour toutes les parties prenantes.
Pour une gestion efficiente des risques, cinq grandes catégories de traitement des risques doivent être considérées :

  • La prévention vise à réduire probabilité d’occurrence des événements indésirables et constitue, dans la mesure du possible, l’approche à prioriser.
  • L’atténuation vise à limiter les conséquences en réduisant l’exposition des personnes, de l’environnement ou des infrastructures par des mesures techniques ou administratives.
  • La préparation vise aussi à limiter les conséquences, mais cette fois, en renforçant la capacité d’intervention des équipes d’urgence et la résilience organisationnelle.
  • L’intervention, soit la mise en œuvre et l’ajustement des mesures d’urgence au moment où les événements se produisent.
  • La continuité et le rétablissement concernent le maintien des fonctions critiques et le retour progressif des autres fonctions essentielles.

L’ensemble de ces options constitue ce qu’on appelle des barrières de sécurité. Elles peuvent être de nature technologique, procédurale, organisationnelle ou humaine.

Enfin, au-delà des concepts développés et des méthodes utilisées, la maîtrise des risques nécessite une prise de conscience individuelle et collective du rôle fondamental de chacun. Dans un contexte de ressources limitées, la démarche ALARP (As Low As Reasonably Practicable [ALARP]) vise à maintenir les préjudices aux personnes, aux biens ou à l’environnement à un niveau aussi bas que raisonnablement réalisable.

Démarche « Aussi bas que raisonnablement réalisable »

Le concept de barrière de sécurité

Une barrière de sécurité est une procédure ou un élément matériel destiné à interrompre ou à modifier le scénario d’un accident de manière à en réduire la probabilité d’occurrence ou les conséquences.

La figure ci-contre représente le couple danger – récepteur. 

Dans cette représentation, un danger agit sur un récepteur avec une certaine probabilité d’occurrence. Lorsque l’événement se produit, il peut engendrer des conséquences dont la gravité varie selon le contexte.

Pour éliminer ou réduire un risque, trois principales stratégies peuvent être envisagées :

  • Agir sur la source de menace (le danger ou la situation dangereuse)
  • Mettre en place une barrière de protection entre le danger et le récepteur
  • Agir sur le récepteur en le sensibilisant afin qu’il résiste au danger (concept de résilience)

Le choix entre ces trois stratégies dépend notamment des possibilités techniques disponibles, de leur facilité de mise en œuvre et des coûts associés.

On distingue deux types de barrières de sécurité : 

  • les barrières de prévention visant à empêcher que l’événement indésirable survienne
  • les barrières de protection visant à limiter les conséquences lorsque l’événement se produit

Voici quelques exemples :

BARRIÈRES DE PRÉVENTION (exemples) BARRIÈRES DE PROTECTION (exemples)
Programme d’entretien préventif d’équipement
Inspections (audits) sur le terrain des activités en cours
Procédures d’exploitation détaillées
Formation du personnel
Politiques internes
Verrouillages automatiques
Appareils de détection avec alerte
Mur de sécurité
Bassin de rétention
Gicleurs, rideau d’eau
Exercices d’urgence
Procédures d’évacuation
Plan d’urgence
Clôture et guérite (contrôle d’accès)

Dans l’approche nœud papillon, les barrières de sécurité sont représentées de la manière suivante. Ceci illustre leur rôle dans la prévention et la limitation des conséquences.

Exemple
Dans les travaux de démantèlement de matériaux contenant de l’amiante, le danger est lié à la présence d’amiante et à la nature des interventions. L’inhalation de particules d’amiante peut entraîner, à long terme, des maladies telles que l’amiantose. Quelles stratégies de réduction des risques peuvent s’appliquer?

  • Agir sur la source de la menace : non applicable, puisque l’amiante est présent dans les matériaux à retirer. Sa concentration ou sa répartition ne peuvent être modifiées.
  • Mettre en place des barrières de protection entre le danger et le récepteur : 
    • Barrières de prévention visant à réduire les émanations de fibres d’amiante : mouiller les matériaux à retirer, ventiler la zone ou en encapsuler les matériaux.
    • Barrières de protection pour limiter l’exposition des travailleurs : utiliser des équipements de protection individuelle (ex. : masque à cartouche, combinaisons protectrices)
  • Agir sur le récepteur en le sensibilisant afin qu’il résiste au danger : non applicable, l’être humain ne peut pas être modifié pour résister naturellement à l’exposition à l’amiante.

Hiérarchie des barrières de sécurité (mesures de traitement des risques)

L’efficacité des mesures de traitement des risques existantes ou recommandées est essentielle pour assurer une maîtrise adéquate des risques. Les types de barrière de sécurité peuvent être classés selon une hiérarchie de fiabilité décroissante qui permet de prioriser les actions à mettre en œuvre.

1 Sécurité intrinsèque : minimiser, substituer, modérer, simplifier

Éliminer ou réduire les dangers à la source est l’approche la plus efficace. Il existe quatre façons d’y parvenir : 

  • Minimiser les quantités ou les inventaires dangereux
  • Substituer par des substances ou des procédés moins dangereux
  • Modérer les conditions d’exploitation (stress, énergie, pression, température) ou la dangerosité des produits, des procédés ou des installations utilisés 
  • Simplifier les installations de façon à réduire la complexité et la probabilité d’erreur humaine

La sécurité intrinsèque est généralement plus facile à intégrer lors de la conception d’un nouvel ouvrage, car plusieurs choix technologiques sont généralement disponibles, mais certaines améliorations demeurent possibles sur des ouvrages ou des systèmes existants.

2 Barrière de sécurité passive Ce type de barrière ne requiert ni énergie ni intervention humaine pour fonctionner. Par sa seule présence (ex. : digue de rétention, mur coupe-feu), elle réduit les conséquences d’un événement, pourvu que son intégrité à long terme soit maintenue par un programme d’entretien préventif rigoureux.
3 Barrière de sécurité active Une barrière de sécurité active est un dispositif automatique (ex. : dispositif d’entre-barrages de sécurité, système de gicleurs) dont l’efficacité repose sur le bon fonctionnement de plusieurs composants. Leur fiabilité dépend notamment de la qualité de la conception, de l’entretien et des essais périodiques.
4 Système d'alerte Un système d’alerte (ex. : alarme d’incendie, alarme de déviation d’un paramètre d’un procédé chimique) signale une condition dangereuse afin de permettre une intervention humaine. Son efficacité dépend de la rapidité et de la qualité de la réaction, lesquelles reposent sur la formation, la documentation et la culture organisationnelle.
5 Mesures administratives Les mesures administratives regroupent les procédures, les instructions ou les programmes de formation (ex. : liste de vérification, prédémarrage, procédure d’entrée en espace clos, plan d’urgence). Leur efficacité dépend grandement de la rigueur organisationnelle. Elles sont plus difficiles à surveiller et demandent la mise en place de divers mécanismes de suivi tels que les audits ou la supervision. 
6 Équipements de protection (EPI) Le recours aux EPI indique que l’exposition au danger ne peut être entièrement évitée. Leur efficacité dépend essentiellement du respect des directives d’utilisation.

Mesures de traitement ciblées sur la fiabilité

Selon la nature des risques, des barrières de sécurité peuvent permettre de traiter les risques et d’augmenter la fiabilité technique, organisationnelle et humaine.

La fiabilité humaine concerne le rôle des individus dans le cheminement d’un événement indésirable. Plusieurs éléments peuvent être mis en place pour augmenter la fiabilité humaine :

  • l'encadrement (valeurs, imputabilité, ressources, incitatifs) 
  • l'identification des postes-clés et des compétences requises 
  • l'application de méthodes d’analyse de la fiabilité humaine
  • la connaissance des systèmes et l'identification des paramètres critiques et des limites de conditions considérées comme normales 
  • les procédures (exploitation et entretien) 
  • la sensibilisation, la formation, les tests ou les assignations spéciales 
  • la communication et l'information 
  • l'ergonomie, la « maintenabilité » et l'« opérabilité »
  • les évaluations et les audits réguliers 

Ces barrières peuvent agir sur différents aspects qui peuvent être catégorisés selon le processus global de gestion des risques.

La fiabilité technique concerne les équipements dont on veut empêcher le bris ou le mauvais fonctionnement, entre autres les équipements critiques, c’est-à-dire ceux dont le mauvais fonctionnement est susceptible de causer un événement majeur.

Plusieurs mesures peuvent permettre d’augmenter la fiabilité technique des équipements : 

  • Identification des équipements critiques, de façon à cibler les priorités
  • Critères de qualité et de durabilité minimaux pour la conception, les choix/achats, la mise en place, l’exploitation et l’entretien des équipements
  • Entretien préventif, calibrage et ajustement des équipements
  • Procédures d’exploitation et d’entretien pour exploiter les équipements selon leurs limites de conception et les entretenir adéquatement
  • Revue critique des changements et ajouts aux équipements existants pour assurer le maintien des intentions de conception
  • Évaluation et surveillance régulières des équipements (ex. : audits de conformité aux procédures, mise en place de correctifs lors de défaillances)
  • Surveillance automatisée des équipements visant à signaler une condition potentiellement dangereuse nécessitant des actions correctives (ex. : mesure et alerte de vibrations excessives sur un équipement)
  • Verrouillage automatique pour arrêter le fonctionnement d’un équipement 

En savoir plus sur la gestion et les mesures pour améliorer la fiabilité des équipements critiquesEn savoir plus sur la gestion et les mesures pour améliorer la fiabilité des équipements critiques

Gestion des équipements critiques

Une fois l’équipement critique identifié, les systèmes de gestion à prévoir diffèrent selon l’étape de son cycle de vie :

Conception Développement Construction  Exploitation Démantèlement
Prévoir un équipement fiable, adapté aux besoins et capable de fonctionner dans toutes les conditions (démarrage, exploitation, arrêt, entretien).
La conception et l’implantation doivent faciliter l’accès, l’exploitation (ergonomie) et l’entretien.
Valider les concepts à l’aide de modèles ou d’essais pour limiter les conséquences d’erreurs. S’assurer que les résultats obtenus sont représentatifs avant le déploiement à pleine échelle. Contrôler la qualité et la protection des matériaux reçus.
Vérifier la conformité de la construction et s’assurer du bon déroulement des tests de performance avant la mise en service.

Mettre en place :

  • procédures adaptées aux caractéristiques et aux limites de l’équipement
  • programme d’entretien préventif
  • suivi des pièces d’équipement (historique) et de la documentation (manuels)
  • approvisionnement adéquat
  • procédures d’inspections, de réparations et d’essais
  • formation et outils requis
Prévoir un démantèlement sécuritaire, la décontamination, ainsi que la réutilisation et le recyclage des matériaux, dès la phase de conception.

Mesures pour améliorer la fiabilité

Redondance de l'équipement

L’ajout d’un équipement de secours permet d’assurer la continuité du service en cas de défaillance et réduit la probabilité de défaillance du système (ex. : ajout d’un transformateur de relève dans un système de distribution d’électricité)

La fiabilité des sources d’énergie peut également être considérée lors de la redondance d’équipement. Par exemple, pour une pompe actionnée par un moteur électrique dans un service critique, la redondance pourra consister à ajouter une deuxième pompe de pleine capacité actionnée par un moteur diesel, couvrant ainsi à la fois l’éventualité de la défaillance mécanique de la pompe en service, et celle d’une panne d’électricité.

Accessibilité aux composantes pour l'entretien 

La fiabilité du système peut être améliorée en rendant accessibles certaines composantes pour l’entretien tout en continuant l’exploitation du système. Par exemple, des systèmes de lubrification de turbines hydrauliques d’une centrale électrique conçus pour permettre de filtrer l’huile lubrifiante sans avoir à arrêter la turbine.

Verrouillage automatique

Pour des applications critiques, les systèmes d’alerte peuvent être bonifiés par des mécanismes de verrouillage automatique afin d’interrompre les opérations anormales avant qu’un accident ne survienne. Par exemple, l’installation d’un système de verrouillage qui coupe l’alimentation d’énergie à l’entrée d’une turbine si celle-ci s’emballe et risque de se détruire en dépassant la vitesse maximale de conception. 

Incompatibilité des composantes

Les systèmes sont conçus pour empêcher les erreurs de connexion ou d’utilisation entre les composantes. Par exemple, les connexions pour les bouteilles d’oxygène et d’acétylène d’un ensemble de soudage au chalumeau ont des dimensions et des filets différents pour empêcher les erreurs lors de l’accouplement des boyaux.

Arrêt sécuritaire en cas de perte d'énergie (« fail-safe feature »)

L’équipement doit être conçu pour regagner une position sécuritaire lors de la perte d’énergie. Par exemple, un robinet actionné par un système pneumatique sur une conduite de refroidissement pour contrôler la température d’un système. 

Mesures organisationnelles

Contrôle des nouveaux équipements ou produits

L’entreprise doit posséder un mécanisme d’évaluation des risques avant toute introduction de nouveaux produits ou de nouveaux équipements. 

Systèmes de sûreté

L’accès aux installations doit être analysé et limité selon le niveau de risque pour prévenir, entre autres, l’espionnage, le sabotage ou le terrorisme. Les systèmes de sûreté peuvent varier en fonction des situations (clôtures, barrières, gardiens de sécurité, détecteurs de mouvement, caméras de surveillance, mots de passe, restriction d’accès, etc.).

Vérification régulière de la conformité

Les mesures assurant la fiabilité des équipements doivent faire l’objet d’une vérification régulière de conformité aux procédures, normes et directives, et d’actions correctives lorsque requis.
 

La fiabilité organisationnelle concerne principalement les mesures collectives liées à l’encadrement des processus, à la supervision et à la culture d’entreprise, notamment :

  • la mise en place et le maintien d’un système de gestion des risques (SGR)
  • les mécanismes d’apprentissage organisationnel (retour d’expérience)
  • les mécanismes de gestion des changements
  • la culture organisationnelle
     

Évaluer le risque résiduel (étape 10)

Le risque résiduel correspond au niveau de risque qui subsiste après la prise en compte de toutes les mesures de prévention et de protection, c’est-à-dire, l’ensemble des barrières de sécurité envisagées.

À cette étape, le risque résiduel est calculé à l’aide de méthodes d’analyse de risques quantitative ou qualitative puis il est comparé avec une valeur d’acceptabilité, notamment au moyen de la matrice de décision utilisée. L’objectif est de déterminer si le risque, tel qu’il demeure après traitement, est acceptable ou s’il nécessite des mesures additionnelles.

L’évaluation du risque résiduel repose directement sur la robustesse et l’efficacité des barrières de sécurité. Aussi, celles-ci devraient notamment être évaluées selon les trois critères suivants :

  • Vérifier la précision, la calibration, la répétabilité et la reproductibilité des instruments afin d'obtenir des résultats fiables et d’éviter les dysfonctionnements.
  • Vérifier que les dispositifs de sécurité ne puissent pas être facilement désactivés ou contournés .
  • Privilégier la présence de plusieurs barrières de sécurité indépendantes et de diverses catégories, en particulier pour les événements susceptibles d’entraîner de graves conséquences.

Prioriser des mesures de prévention et diversifier les barrières de sécurité pour éviter des sources communes de défaillances, constitue également une bonne pratique. Une politique efficace de prévention, de préparation, d’intervention et de rétablissement doit comporter :

  • la mise en place de barrières de sécurité efficaces
  • un suivi par des indicateurs de performance
  • le développement et le maintien d’une culture de sécurité
  • un retour d’expérience structuré

En pratique, il s’agit de concevoir et de mettre en place des barrières de sécurité de nature technologique, procédurale, organisationnelle et humaine, puis de veiller à ce qu’elles soient connues et comprises, appliquées, entretenues et respectées par l’ensemble des responsables opérationnels.

Par ailleurs, l’évaluation des risques résiduels doit intégrer une analyse systémique incluant les relations existantes entre les sous-systèmes et la qualité des échanges d’information. La communication constitue en effet un facteur déterminant. Des lacunes à ce niveau peuvent constituer une source de malentendus ou d’événements indésirables majeurs.

Enfin, durant la phase d’exploitation, l’analyse systématique des incidents et des signes précurseurs d’événements indésirables est indispensable pour comprendre les causes profondes des événements observés. Cette démarche repose sur un retour d’expérience structuré, intégrant le facteur humain, et permet de réévaluer périodiquement le risque résiduel afin d’assurer une amélioration continue de la maîtrise des risques.

Ressources

Une partie du contenu de la section Gestion des risques est tirée du cours « Gestion des risques pour ingénieurs et autres professionnels » de l'Université de Sherbrooke.

AUTRES LIENS ET RÉFÉRENCES EXTERNES

 

 



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