Publié en mars 2023
Dernière modification en février 2026
Les concepts et les approches présentés dans cette section visent à intégrer les principes de développement durable lors de la conception et la mise en œuvre de projets d’ingénierie. Passer d’une économie linéaire à une économie circulaireL’une des façons les plus efficaces de mettre en œuvre les principes du développement durable est de concevoir les projets dans une perspective d’économie circulaire, c’est-à-dire de passer d’un modèle dégénératif (économie linéaire) à un modèle régénératif (économie circulaire). La manière d’appréhender les projets d’ingénierie devrait, le plus possible, prendre en compte ce principe et s’en imprégner.
En 2025, de toutes les matières premières qui circulent mondialement, seuls 6,9 % d’entre elles ont été recyclées. Malheureusement, depuis la première évaluation de la circularité mondiale en 2018, ce taux ne fait que chuter. Au Québec, en 2025, l’indice de circularité se situe à 2,5 %.
source : Québec circulaire Comme l’illustre l’infographie suivante, pour parvenir à une économie circulaire, il faut d’une part, REPENSER nos pratiques de manière à:
Et d’autre part, il faut OPTIMISER notre utilisation des produits et de leurs composants, notamment en:
Que l’on parle de structure, d’ouvrage, de procédé, de produit ou de système, toute solution d’ingénierie devrait être pensée selon une logique d’économie circulaire où toutes les étapes du cycle de vie sont prises en compte, et ce, dès la conception. De même, la réutilisation ne touche pas uniquement le secteur industriel, mais peut aussi s’appliquer à des secteurs comme celui de la construction. Certains projets de « déconstruction » (et non de « démolition ») permettent alors de récupérer une grande partie des matériaux. 12 stratégies de circularitéL’économie circulaire regroupe 12 stratégies qui, conjointement mises en œuvre, concourent à répondre à nos besoins dans les limites des ressources planétaires (source : québeccirculaire.org). L’écoconception est la première de ces stratégies.
ÉcoconceptionL’écoconception est une approche méthodique qui « prend en considération les aspects environnementaux du processus de conception et développement dans le but de réduire les impacts environnementaux négatifs tout au long du cycle de vie d’un produit » (norme ISO 14006). Il s’agit notamment de concevoir un produit ayant une durée de vie plus longue, dont la fabrication nécessitera moins de matières premières et d’énergie, qui sera facilement réparable et dont les composants pourront être revalorisés ou recyclés. La démarche d’écoconception comprend 6 étapes (source : Pôle éco-conception):
En visant la réduction d’utilisation de ressources nécessaires à la fabrication et l’usage d’un produit, l’écoconception met l’emphase sur le premier r des 3 RV (réduction à la source, réemploi, recyclage et valorisation). L’écoconception peut s’appuyer sur d’autres concepts distincts, mais connexes, avec lesquels elle partage les principes et qui constituent, selon le contexte des projets, des démarches complémentaires. Parmi elles, on trouve notamment:
L’approche cycle de vie et l’analyse du cycle de vieLe cycle de vie
Lors de la conception, il est primordial d’anticiper et de mesurer l’ensemble des répercussions, positives ou négatives, qu’un projet d’ingénierie peut avoir sur les plans environnemental, social et économique. Cela requiert notamment de se questionner sur ce qui se passe en amont (lors de l’extraction des ressources, de la fabrication et du transport des matières premières, par exemple) et sur ce qui se passera en fin de vie de l’ouvrage ou du produit, au moment de son démantèlement. Lors de cette réflexion, on constate souvent qu’un projet peut affecter des zones géographiques bien plus éloignées que la zone où il est mis en œuvre. Aussi, il est important de veiller à ce que les décisions de conception qui sont prises pour réduire les risques ou les impacts environnementaux, sociaux ou économiques ne constituent pas un déplacement des risques ou des impacts :
Par exemple, lors de son utilisation, la voiture électrique émet localement moins de gaz à effet de serre (GES) qu’une voiture à essence. Cependant, la production de ses batteries nécessite des matières premières (lithium, cobalt, etc.) qui ont des impacts environnementaux et sociaux non négligeables. De plus, si l’électricité consommée par la voiture est produite par une centrale thermique, l’émission de GES se trouve déplacée d’une région à une autre. L’analyse du cycle de vieL’analyse de cycle de vie (ACV) est une méthodologie qui permet d’évaluer et de mesurer concrètement et de façon systémique les répercussions d’un projet d’un point de vue environnemental, social et économique, aux différents moments de son cycle de vie. En offrant une vision globale, cette méthodologie permet d’éviter le déplacement des impacts d’une étape du cycle de vie à une autre, d’une région géographique à une autre ou d’un récepteur (air, eau, sol) à un autre. Les 3 volets de l’ACV
Pour répondre aux principes du développement durable, l’ACV se décline en 3 volets:
L’AECV, communément et historiquement appelée ACV, est la méthode d’évaluation normalisée (ISO 14040 et ISO 14044). Les méthodes d’évaluation de l’ASCV et de l’ACCV ont été développées ultérieurement. Ces deux dernières se basent sur ces même normes ISO et suivent la même méthodologie. Bien sûr, les méthodes d’évaluation et les indicateurs ont été adaptés pour tenir compte de leurs spécificités respectives.
Avant de se lancer, il faut être conscient du fait que la méthodologie de l’ACV est complexe. Des outils comme des logiciels de modélisation ou des bases de données permettent de faciliter le processus d’analyse (voir la section « boîte à outils »). Une ACV qui respecte les normes ISO 14040 et 14044 est une ACV complète. Selon le contexte d’application, les ressources et le temps disponible, on peut simplifier le processus d’analyse. Cependant, plus l’analyse sera simplifiée, plus grande sera l’incertitude des indicateurs obtenus. Aussi, contrairement à une ACV utilisée à de fins internes, une ACV rendue publique doit être révisée par des vérificateurs externes. Approche low-techLe terme low-tech désigne une démarche systémique qui vise à réduire notre dépendance aux technologies complexes et énergivores. Sans être technophobe, l’approche low-tech est surtout technocritique. Elle propose la juste technologie à la bonne place et dans le respect des limites planétaires.
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